Aude Vidal Egologie

Arpentage du 10 novembre 2017

Aude Vidal Egologie

Le groupe décroissance a fait un arpentage, il a déchiré un livre pour le lire ensemble 🙂 Voici le retour plus ou moins approximatif de cette lecture collective.

Le livre : Egologie, écologie, individualisme et course au bonheur de Aude Vidal

Nous vivons dans un monde qui a pour base les comportements individualistes et ces comportements se retrouvent aussi dans les milieux écolo-alternatifs. On court après les satisfactions immédiates pour s’oublier. La dépression est au bout de cette course, et elle est liée à l’image de soi douloureuse. L’injonction à la réussite sociale apporte le mal-être, un monde social plus dur et l’isolement.
Or le changement se fait dans le concret, le matériel mais il se situe aussi dans un changement de rapport au monde.
Nous vivons dans la décohabitation. On vit seul. Ça nous place dans la solitude. Le partage, la cohabitation quant à eux produisent un usage judicieux des ressources et la création de liens.
L’écologie devrait être sobriété choisie, idéologie joyeuse et bienveillante.
Or les pratiques de bien-être très présentes dans les milieux écolo-alternatifs se placent sur la recherche individuelle et éludent les vrais problèmes.
Heureusement de nombreuses alternatives concrètes existent et sont mises en lumière depuis peu par le cinéma, les revues, les livres …
Les alternatives partent toujours d’en bas et changent doucement la société. Ce sont de petites initiatives constructives contrairement aux politiques destructrices des Etats.
Le travail sur soi est une fausse solution. Il propose de se détacher de ses problèmes personnels pour les résoudre alors que nous avons besoin de collectif pour dépasser des problèmes qui sont d’ordre collectif.
L’engagement doit être un plaisir. Il ne doit pas se faire par obligation, pour se rendre utile. Il faut garder à l’esprit que «l’écologie libérale » n’est qu’individualisme et consumérisme.
Les pratiques individuelles peuvent aider individuellement mais ne peuvent pas nous permettre de contrer le capitalisme. Elles permettent même de mieux exploiter le capital humain dans les entreprises car il supporte ainsi mieux ses mauvaises conditions de vie. Par ailleurs, les pauvres sont culpabilisés car ils n’ont pas les moyens d’y accéder. L’exemple du cancer du sein montre qu’en attribuant sa cause à un problème spirituel ou psychologique on évacue les vraies causes qui sont d’ordre environnemental.
Les rapports de pouvoir sont niés. On ne parle pas des conflits de classe sociale ou de genre. Pour exemple, dans cette logique, si un homme est violent c’est parce qu’il ne se rend pas compte qu’il doit être dans une relation réciproque. On évacue le conflit et la souffrance des femmes. Le fait de nier les conflits est bénéfique au capitalisme. On se contente de dire que chacune, homme, femme, est à sa place.
On est dans un monde où la petite bourgeoisie s’amuse, elle est dans le « do it yourself ». On nous fait croire que les solutions sont individuelles.
Une réelle autonomie collective se vit dans certaines campagnes, avec l’entraide, le prêt, le don. En ville, le « do it yourself » se résume à l’idée de faire des économies. On va acheter sa propre perceuse pour faire soi-même et économiser le retour à un tiers. On utilisera l’outil une fois par an …
Nous sommes dans l’abandon d’un destin collectif. Nous sommes à l’ère Castoriadis contre Castorama !
La mode du jardinage urbain est un bon exemple. Il favorise la gentrification car il n’est pas lié à un besoin alimentaire. C’est un passe-temps d’urbains. Il se fait dans un milieu écolo-alternatif qui contient peu de mixité sociale. Les alternatives aménagent un ordre social injuste en permettant au capitalisme de mieux perdurer.
C’est la même chose concernant le revenu garanti. En effet, une personne qui bénéficie de la garantie de 1000 € par mois peut envisager de sortir du travail salarié si elle a une certaine richesse intellectuelle. Beaucoup de personnes ne peuvent pas se projeter dans une vie sans emploi.
Le revenu garanti peut se résumer à l’achat d’une paix sociale à bon compte.
Tout le monde ne peut pas se retrouver dans les idéaux écolos-alternatifs. Il manque souvent dans les alternatives la dimension politique et l’alternative au capitalisme.

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